le Râmâyana

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Le Râmâyana, l’une des plus grandes épopées sanskrite, a contribué à la naissance d’une religion plus dévotionnelle. Illustrant l’étique des Kshatriyas (caste des guerriers) plutôt que le ritualisme brahmanique, il demeure aujourd’hui une source d’enseignement populaire, à travers lectures publiques et pièces de théâtre. Il est même reconnu par les bouddhistes (le Ramakian en Thaïlande) et les Jains, et demeure l’un des textes les plus respectés au monde.

Le cœur de l’épopée date du IVe siècle avant notre ère. l’action principale concerne le prince Râma, qui doit délivrer, après de multiples tribulations, son épouse Sîtâ, enlevée par le démon Râvana. Au fur et à mesure des siècles, les éléments religieux du conte furent affinés, de sorte que Râma, son héros, se métamorphosa en une divinité guerrière, la septième incarnation du dieu Vishnou.

Le Râmâyana est un récit révélé par voie divine. le poète Valmiki, son créateur mythique, joue un rôle actif dans le texte. Selon la légende, il se retira dans la forêt où, durant mille ans de méditation, son corps fut recouvert par une fourmilière (Valmika) – d’où son nom, qui signifie «fils de la fourmilière».

Dans le Râmâyana, les actes de Râma sont gouvernés par le Dharma, la loi irréfutable qui fonde l’ordre cosmique et social. Bien que le Râmâyana soit un conte guerrier, il exalte aussi des principes éthiques, destinés à guider l’homme dans les affaires du monde.

Le conte :

Râma est une figure idéalisée, roi, guerrier et mari parfait. Fils aîné du roi Dasharata, il prend Sîtâ – symbole de la pureté – pour femme. Mais la veille de son couronnement, il se voit refusé le trône par son père, et exilé pendant quatorze années. Râma agit toujours selon l’honneur ; en accord avec le Dharma, il obéit à son père, qui finira par mourir de chagrin. Il s’enfonce dans la jungle avec Sîtâ, remplissant son devoir en protégeant les ermites contre les démons. Le plus grand d’entre eux Râvana, enlève Sîtâ et l’emporte à Lanka. Râma la recherche des années durant. Le récit culmine avec la délivrance finale de Sîtâ, quand son allié le singe Hanuman détruit la capitale du royaume démoniaque. Bien que les amants soient réunis, Râma, qui fait passer le Dharma avant son propre intérêt, bannit Sîtâ. En effet, quoique celle ci soit restée pure, elle a été déshonorée par la compagnie de Râvana. Loyale envers son époux, Sîtâ prie la terre de l’engloutir. Râma reste seul avec sa douleur avant de se sacrifié lui aussi.

L’idéal du Râmâyana :

La légende de Râma décrit la vie comme une dure bataille, ou la richesse, le pouvoir, l’orgueil, le désir, sont autant d’obstacles. On ne peut vaincre que par le courage, la discipline, le sacrifice de soi et le respect du Dharma. Le courage s’impose pour faire face aux épreuves, aux défits de l’existence. Il s’acquière par un effort constant de discipline et de sacrifice de soi. Si la discipline permet la conquête de soi même, l’esprit de sacrifice est la voie du dépassement et du désintéressement, d’où naît l’action juste, celle qui va dans le sens du Dharma. Cette notion du Dharma est essentielle. On traduit souvent ce mot par «devoir», mais c’est là une définition incomplète. Le Dharma est la loi de la vie et de l’ordre cosmique. C’est le Dharma du roi de protéger son peuple, c’est celui du fils d’honorer ses parents, c’est celui du mari de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants.

A chacun de connaitre son propre Dharma, selon la place qu’il occupe dans cet univers. A chacun de s’engager à le respecter fidèlement, quoiqu’il advienne. C’est en suivant son Dharma que l’homme dénoue les fils de la destinée et parvient à l’accomplissement. Pour cela, courage, discipline, sacrifice de soi sont nécessaires.

Si vous désirer approfondir la lecture du Râmâyana, voir la page bibliographie et l’article sur Hanuman

 

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