Le OM

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La posture de méditation et les exercices pour s’y introduire sont en fait une rencontre : rencontre avec le yoga de l’oreille (répétition de mantra, écoute du souffle) et le yoga de la vue (visualisation, concentration sur un point…). Une fois que l’on est installé dans l’immobilité le dos droit, l’attention peut être dirigée vers des  objets de concentration, très différents selon chaque individu. Cette attention devra permettre de mieux maîtriser les sens qu’il ne faut pas tuer, mais en avoir le contrôle, afin qu’a tout moment on les fasse « entrer dans la maison » .

Il existe dans la tradition de la méditation une grande variété de techniques : celles qui nous intéresse ici sont basées sur la voix et plus particulièrement sur les sons. Le OM qui est une facette du yoga est peu utilisé en Occident ; pourtant pour le yogi, il n’y a pas de symbole plus puissant que la syllabe OM. Pourquoi ? AUM s’écrit A.U.M., mais il se chant traditionnellement OM. On peut aussi le chanter Aoum pour qu’il y ait des vibrations différentes ( le U se prononçant OU en sanskrit). Comme le mot latin omne, le mot sanskrit AUM signifie tout et exprime les concepts de « omniscience, omniprésence, omnipotence » . En dehors du son traditionnel, tous les exercices sont possibles avec ce son ; ce qui compte c’est l’intention, c’est l’état d’esprit dans lequel on le pratique qui et le but recherché.

En Inde, « OM  » est sacré. Pourquoi ?

L’univers serait perçu par une vibration sonore OM. L’origine de l’univers est ce son qui n’a ni espace, ni temps, sans commencement, sans fin. Le AUM est considéré comme le verbe par lequel furent créés, la racine de tout langage, le souffle de la vie, il est l’origine et  toutes les traditions nous disent : « L’Univers serait constitué d’une émission de sons provenant du son primordial » : le AUM. Et comme tout est en tout, par la pratique du AUM, le yogi cherche à éveiller sa conscience et unir son univers intérieur à l’univers qui l’entoure.

Dans le Mândûka-upanishad (textes philosophiques sacrés), la syllabe AUM est analysée dans ses éléments vocaux, d’après quoi le O est considéré comme une combinaison de A et de U. De sorte que nous sommes en présence de trois éléments A.U.M. OM étant l’expression de la plus haute  conscience, ces trois éléments sont présentés comme les trois degrés de conscience. En décortiquant ce vocable, nous pouvons mieux comprendre sa signification, sa symbolique.

Il est dit dans les yoga- sûtra de Patanjali, que chanter le AUM c’est s’ouvrir à îshvara, à la constellation d’énergie, au divin. Ishvara est le véritable guru (maître) intérieur grâce auquel on franchit les klesha (obstacles intérieurs), on s’en libère. Cette libération se réalise grâce à la répétition (japa-yoga) de AUM, qui remplace tous les autres mantra.

 AUM, c’est un nom dont on doit méditer la signification

AUM, c’est l’arc qui va donner à l’esprit (la flèche) la concentration nécessaire pour atteindre la cible : le ciel, Brahman (le Sacré,l’Absolu, la cause de l’univers).

Mais AUM, c’est aussi un son sacré dont la répétition ne peut s’effectuer que dans un état d’esprit de rituel

AUM c’est un support de méditation en tant qu’image (yantra correspondant à Ajnâ chakra entre les yeux).

A est le cri d’émerveillement du petit enfant qui vient de naître ; c’est la naissance et la dissolution de la création du monde (couleur jaune de diffusion d’énergie). C’est l’état de veille où l’être a une conscience du monde intérieur.

U (prononcé ou dans la voûte du palais) est le prolongement de la création. C’est la couleur blanche de la lumière qui se diffuse dans l’espace. C’est état de rêve, de la conscience du monde intérieur.

M c’est la fermeture, la sonorité au niveau nasal ; c’est la conscience du sommeil profond, la non dualité entre sujet et objet. C’est la lumière dans le noir des ténèbres. C’est la dernière vibration avant le silence où les portes des sens sont closes, où la force vitale est le cœur, où la fermeté est dans le yoga avec la concentration entre les sourcils (âjnâ).

Répéter le OM c’est chanter le symbole sonore de l’absolu ; c’est mettre en harmonie avec le son originel représentant la réalité spirituelle suprême, expression de la conscience de Brahmâ dans tous les domaines.

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