Hanuman

hanuman

Symbolisme

Hanuman, le dieu singe, ne fait pas partie des postures traditionnelles. Comme la salutation au soleil (suryanamaskar), cet asana fut introduit tardivement dans le yoga. Inspiré d’un épisode de l’épopée du Ramayana (environ 3000 ans avant J.C), Hanuman ne fut popularisé qu’au XVIe siecle à Bénares par le yogi Vijnana Biskhu, commentateur de livres sacrés.

Le Ramayana, le « geste de Rama » ou la « marche de Rama », l’une des deux grandes épopées indienne, célébre Rama, incarnation de Vishnu. Nous ne résumons pas ici ce long poème épique composé de plusieurs livres qui relatent la vie et les aventures de Rama. Rappelons simplement qu’il retrace principalement la guerre qui opposa Rama et Ravana, roi des démons demeurant dans l’île de Sri Lanka (Ceylan). Ravana, par vengeance, fit enlever Sita, épouse de Rama, qui fut emmenée vers le sud au-delà des mers, dans sa résidence de Lanka. C ‘est là que se place l’épisode de Hanuman qui nous intéresse ici.

Rama, à la suite de l’enlèvement de Sita, fit alliance avec Sugriva, roi des singes dont l’armée s’élança vers le sud à la recherche de la princesse sous la conduite de son chef Hanuman (fils de Vayu, dieu du vent, doté de tous les pouvoirs de sa condition et, entre autre celui de voler).

Au cours de la bataille qui se déroula dans l’île de Lanka, Rama fut grièvement blessé, seule une plante particulière de l’Himalaya pouvant le sauver, Hanuman partit à sa recherche. Pour gagner du temps, il détacha et souleva une montagne où croissait l’herbe et d’un saut prodigieux, il la rapporta à bout de bras jusqu’à Lanka.

Rama guéri, la bataille contre Ravana put reprendre. Rama en sortit vainqueur et Hanuman, fidèle serviteur, retrouva et ramena la princesse à son maître. Depuis lors, le nom Hanuman est synonyme de dieu-singe, c’est pourquoi tous les singes, en Inde sont considérés comme ses représentants et respectés comme tels dans tous les temples. De plus, Hanuman symbolise la force, la vertu et la fidélité.

C’est pour toutes ces qualités, mais surtout pour la derniére, la fidélité, que la posture fut introduite dans le yoga, symbolisant l’attachement indéfectible qui doit exister entre maître et disciple.

Technique

Hanuman peut rappeler certaines postures classiques, mais en réalité il sagit d’une posture tout à fait indépendante. Elle évoque la légéreté du corps, toujours prêt à bondir dans un élant le portant à la fois vers l’avant et le haut.

Respiration

Inspirer en redressant le buste et en l’allégeant (photos 1,2,3 et 4) : tout l’effort se porte entre les omoplates, sur le devant des jambes et dans les cuisses.

Regarder droit devant soi ou en fermant les yeux. Il faut trouver la sensation d’ apesanteur (du singe prêt à bondir). Relacher la posture en expirant.

Durée de la posture

L’élève garde l’immobilité soit le temps d’une rétention poumons pleins, soit en respiration normale continue (3 à 5 respirations).

Rappelons :

qu’il est indispensable de trouver dans la posture quelle qu’elle soit une sensation de grande légèreté de corps, presque d’apesanteur ;

que la posture est tenue soit le temps d’une rétention de souffle, soit 3 à 5 respirations normales ;

que les postures à genoux et debout doivent être faites une deuxième fois en incersant la position des jambes.

Concentration

Se consentrer sur la rétention du souffle pendant la posture.

Place dans la série

Hanuman doit précéder les postures debout.

Physiologie

Le fait de soulever légèrement le bassin nécessite une stimulation d’emblée importante des principaux muscles permettant l’extension des genoux, des quadriceps et aussi curieusement, des ischio-jambiers et des mollets (paradoxalement, car en général ce sont plutôt les muscles fléchisseurs des genoux). En effet, plus le bassin sera soulevé, plus la contraction des muscles va diminuer, ce qui explique que cette posture sert véritablement de mise en condition pour « bondir comme un singe ». Au niveau du dos, la position de départ efface la courbure lombaire et, lorsque le dos se redresse, la stimulation musculaire se place entre les deux omoplates.

Photos 2,3 et 4 :

Gobalement l’effet est à peu près identique à celui de la posture initiale, mais la stimulation est plus forte. Certains éléments se modifient : le bassin est plus dégagé, le mentont un peut rentré, le dos peut se redresser dans une parfaite position ; l’extension des chevilles et des orteils (du côté ou le bassin se trouve au niveau du talon) est maximum et peut poser quelques difficultés. Le membre inférieur qui est les plus fléchi est aussi le plus stimulé.

Photos 5,6,7,8 et 9 :

De même que dans les positions précédentes, le membre inférieur fléchi est fortement sollicité, la cheville et la hanche connaissant des amplitudes extrêmes. L’autre membre inférieur fournit lui aussi son effort, la hanche étant à l’inverse en extension arrière maximum (photos 6 et 7). Dans la phase finale (photo 9), les mains jointes au dessus de la tête soulèvent au maximum la cage toracique, surtout sur les côtes. Plus la jambe arrière se tend et simultanément, plus, les mains se soulèvent et vont vers l’arrière, plus le corps prend la forme d’un arc. La partie postérieure du corps réagit comme un arc dont la résultante des forces se situe sur la colonne dorsale et, par voie de conséquence, se projette en avant comme pour ouvrir la poitrine. C’est une posture très dinamique et tonifiante.

Photos 10 et 11 :

Ici le travail des membres inférieurs et moindre mais l’équilibre se révèle plus précaire, et donc cette variante stimule plus en finesse. L’effet au niveau dorsal, comme dans l’exercice précédent, est toujours présent. Cependant, l’étirement se place beaucoup plus dans l’axe du bras tendu en direction du ciel et un peu en avant, ainsi que dans l’axe du membre inférieur soulevé vers l’arrière et le sol. Cette posture a pour effet de synchroniser fortement toutes les chaines musculaires postérieures d’extension, depuis les orteils jusqu’au bout des doigts, dans une situation particulière ou le centre de gravité du corps est déplacé vers l’avant.

A noter que dans les postures à genoux il convient de ne pas forcer en cas de faiblesse ou de déformations importantes des orteils.

Synthèse

Comme on peut le constater, Hanuman est une posture exceptionnelle par son profond symbolisme, dont il faut dégager particulièrement la notion de fidélité : c’est la fidélité à la tradition qui confère sa force et sa vertu à Hanuman ; c’est elle qui conduit à la connaissance suprême.

Mais plus simplement, nous souhaitons à tous les pratiquants de trouver dans cette posture la fidélité du coeur envers celui qui les conduit sur la voie du yoga.

Cliquez sur les images

hanuman

hanuman2

Extrait de « Yoga et symbolisme » de Shri Mahesh

Voir également les articles sur Hanuman et le Râmâyana

om4